Le Col du Grand Colombier – 1501 m – est une des montées les plus dures de France, sûrement dans un TOP 5, et assurément PREMIÈRE si l’on gravit ses 4 faces (car ce sera presque de l’alpinisme…) à l’occasion du défi des Fêlés du Grand Colombier !
Avant de poursuivre, je tiens à vous informer que j’ai exceptionnellement dérogé à ma règle concernant Alpes4ever : ne faire figurer que des ascensions situées dans les Alpes ! Situé dans le Massif du Jura, je peux vous soumettre une excuse valable : le Col du Grand Colombier est une des plus belles portes d’entrée des Alpes. La Savoie et le Lac du Bourget ne sont qu’à quelques encablures et la vue depuis son sommet offre un splendide panorama sur les Alpes et notamment sur le Mont Blanc. Voilà, c’est dit et maintenant, place au descriptif d’une ascension hors norme quel que soit son versant !
Une fois de plus, l’IGN et la DDE ne se sont pas mis d’accord pour l’altitude : 1498 m pour l’IGN, 1501 m pour la DDE, cette dernière étant plus clinquante (oui ça fait plus de 1500 m et le cyclo qui vient de se coltiner l’une des montées les plus dures de France se glorifiera de ses 3 mètres supplémentaires !).
ARTEMARE
Distance : 15,7 km
Départ : Artemare
D+ : 1256 m
% moyen : 8%
% maxi : 15,5% sur 930 m
Artemare – qui rime avec cauchemar – est la face la plus dure des quatre… Ses 15,7 km / 1256 m de D+ à 8% de moyenne sont déjà un bon signe qu’il faudra y faire de sacrés efforts… mais c’est sans compter un passage monstrueux à franchir : 4,5 à… 12% de moyenne ! La pente atteint même une moyenne de 15,5% durant 930 m (oui, c’est précis parce que vous ressentirez l’effort de chaque mètre !) avec une pointe maximale à… 22% !!! Elle est en partie commune avec celle de Champagne-en-Valromey (voir carte).
Au départ d’Artemare et durant 1,9 km, l’échauffement se fera tranquillement sur la D31 avec un max à 6,5% en passant par Don, la pente se faisant même assez douce – 600 m à 5% – dans la traversée de ce dernier.
Juste avant le village de Pont, la route bifurque à droite (D69). La direction du Grand Colombier est très bien indiquée mais ce dernier est masqué par un relief. Il faudra grimper ce dernier en haussant un peu son effort : 1850 m entre 5,5 et 7%.
Puis la route file agréablement au milieu de la campagne en passant à 2,5% sur 1,2 km. Le Grand Colombier apparaît telle une immense masse noire ! Vous vous rendez compte alors que la bête est imposante…
La pente reprend du poil de la bête – 6,5/7% durant 1,4 km – en passant par Munet. Un nouveau replat à 4,5/5,5% sur 850 m en traversant Virieu-le-Petit.
Jusque-là tout s’est bien passé, vous vous sentez dans une bonne forme et n’avez pas trop gaspillé d’énergie. Près de 7,2 km depuis Artemare, il en reste 8,5 jusqu’au sommet mais le plat va être copieux : 864 m de D+ à 10% de moyenne !!!
À la sortie de Virieu-le-Petit, vous emprunterez la D120c. La route se fait plus étroite et plus rugueuse qui file dans une épaisse forêt de sapin et ce sera parti pour un repas constitué de 7 lacets très, très difficile à avaler :
– en entrée, 800 m à 9,5%
– en plat, 450 m à 9% suivi de 200 m à 11,5%
– en fromage, 1440 m à 12%
– en dessert, 930 à 15,5% !!!
– en digestif, 640 m à 13%
MONSTRUEUX, vous aurez peut-être le souvenir, au travers d’une trouée dans les sapins, d’avoir aperçu Virieu-le-Petit pareil à une boîte d’allumette, c’est dire l’altitude prise en si peu de kilomètres.
ENCORE PLUS DINGUE, la DDE ne s’est embarrassée d’aucun problème lorsqu’elle a construit la route : le final du passage à 15,5% consiste à environ 400 m à 19% avec une pointe maximale à 22% !!! Mettez tout à gauche (vous n’aurez pas le choix de toute façon !), trouvez un rythme constant, zigzaguez un peu, priez pour ne pas caler (sinon, il vous faudra finir à pied, c’est quasiment impossible de repartir dans cette pente) puis attendre que l’enfer finisse…
Le Grand Colombier est une montagne qui se respecte mais elle sait se montrer généreuse envers les cyclos courageux qui veulent la défier. En effet, la route daigne décliner progressivement pour déboucher sur un endroit superbe : La Selle (alt. 1175 m) qui est en fait un col intermédiaire. La forêt fait une pause et on a une vue sublime sur la Vallée du Valromey à l’Ouest. On peut aussi voir la route qui vient de Champagne-en-Valromey.
Tout va bien, l’enfer est derrière vous, vous roulez sur un replat salvateur à 5% sur 700 m jusqu’à la Grange de Fromentel et sa fontaine (c’est le seul point d’eau disponible dans le Grand Colombier et elle ne coule pas toujours). La route s’engouffre à nouveau dans la forêt et la déclivité reprend un tout petit peu du poil de la bête en passant à 6% sur les 1150 mètres suivants. Continuez bien de vous refaire une santé…
À la sortie d’une épingle à gauche, la pente se cabre à nouveau : 9,5% sur 1000 m, une jolie piqûre de rappel, hé oui, vous êtes en train de gravir l’une des ascensions les plus dures de France ! La partie sommitale du Grand Colombier apparaît… Dénudée, elle est souvent balayée par le vent, attention, vous aurez parfois à vous battre avec lui !
Vous apercevez à cette occasion la partie finale qui monte « trop » franchement vers le sommet… petit coup au moral car sa vue est déprimante !
À la sortie d’un ultime virage, un final dantesque s’offre à vous : 1,1 km à 10,5% !!! Courage, vous atteindrez enfin le sommet de cette ascension hors-norme en franchissant le Col du Grand Colombier à 1501 m d’altitude.
CHAMPAGNE-EN-VALROMEY
Distance : 18,8 km
Départ : Champagne-en-Valromey
D+ : 1054 m
% moyen : 7%
% maxi : 10,5% sur 1090 m
Champagne-en-Valromey est la face la « plus »moins » difficile des quatre… Mais elle n’est surtout pas à sous-estimer. D’abord, pour rejoindre le point de départ, il faudra ajouter un peu de distance – 4,5 km – et de D+ – 275 m – supplémentaires si vous venez d’Artemare. Et avec 18,8 km, c’est une très longue ascension où on va y passer du temps… Elle est assez irrégulière et elle propose aussi des passages assez raides à 9/10%. Elle est en partie commune avec celle d’Artemare (voir carte).
Au départ de Champagne-en-Valromey, l’ascension débute paradoxalement par une… descente ! Longue de 3,4 km, elle vous guidera tranquillement vers le fond du Vallon de l’Arvière (à noter qu’il faudra éventuellement remonter cette descente avec 76 m de D+ dans le cadre du défi des Fêlés du Grand Colombier !).
Une fois l’Arvière franchit, l’ascension débute réellement mais sera progressive : 750 m à 5%, 700 m à 6,5% puis plus nettement avec 950 m à 7,5% jusqu’à Lochieu. La route ondule paisiblement au milieu des prés et des bois, on vous fichera une paix royale.
Après Lochieu, vous retrouvez un nouveau temps calme avec 1,3 km à 5,5% puis 750 m à 6,5% qui vous guideront jusqu’au hameau des Bordèzes. Bon, il est où ce fameux monstre de Colombier ?!
Ha enfin, à la sortie du hameau des Bordèzes, ça se corse avec un long passage de 2,6 km où la pente oscillera entre 8 et 9,5%. À cette occasion, la route sera bordée d’arbres et les points de vue seront plus rares.
Au niveau de l’intersection avec la voie d’accès au Parking du site d’Arvières, la déclivité fait un net relâchement en passant à 2,5% sur 2,5 km. Il y a même une descente intermédiaire de 350 m ! De quoi recharger correctement les batteries.
Vous en aurez besoin car il va falloir à la suite remettre du cœur à l’ouvrage : 1850 m à 10% qui vous guideront jusqu’à La Selle (alt. 1175 m) qui est en fait un col intermédiaire. La forêt fait une pause et on a une vue sublime sur la Vallée du Valromey à l’Ouest. On peut aussi voir la route qui vient d’Artemare.
Tout va bien, l’enfer est derrière vous, vous roulez sur un replat salvateur à 5% sur 700 m jusqu’à la Grange de Fromentel et sa fontaine (c’est le seul point d’eau disponible dans le Grand Colombier et elle ne coule pas toujours). La route s’engouffre à nouveau dans la forêt et la déclivité reprend un tout petit peu du poil de la bête en passant à 6% sur les 1150 mètres suivants. Continuez bien de vous refaire une santé…
À la sortie d’une épingle à gauche, la pente se cabre à nouveau : 9,5% sur 1000 m, une jolie piqûre de rappel, hé oui, vous êtes en train de gravir l’une des ascensions les plus dures de France ! La partie sommitale du Grand Colombier apparaît… Dénudée, elle est souvent balayée par le vent, attention, vous aurez parfois à vous battre avec lui !
Vous apercevez à cette occasion la partie finale qui monte « trop » franchement vers le sommet… petit coup au moral car sa vue est déprimante !
À la sortie d’un ultime virage, un final dantesque s’offre à vous : 1,1 km à 10,5% !!! Courage, vous atteindrez enfin le sommet de cette ascension hors-norme en franchissant le Col du Grand Colombier à 1501 m d’altitude.
CULOZ
Distance : 17,7 km
Départ : Culoz
D+ : 1261 m
% moyen : 7,5%
% maxi : 11% sur 1330 m
Culoz est la face qui comporte le plus de D+ avec 1261 m. Elle est très irrégulière avec de nombreux passages à plus de 10%. Elle est en partie commune avec celle d‘Anglefort (voir carte). Elle a l’avantage (pas forcément en pratique…) de proposer un final plus abordable que les faces Artemare/Champagne-en-Valromey. C’est aussi l’ascension la plus spectaculaire surtout dans sa première partie lorsque vous enroulez une très jolie série de courts lacets qui se faufilent à travers la falaise du Rocher de Milvendre tout en offrant une vue incroyable sur le Rhône et le Lac du Bourget. Vous pourrez aussi apercevoir le sommet de l’autre épouvantail du coin : le Relais du Mont du Chat.
Au départ de Culoz, vous pourrez démarrer tranquillement durant 1250 mètres sur une pente qui n’est pas trop dure et qui passe progressivement de 5 à 6,5%.
À la sortie du village, la route se cabre à 8% sur 600 m puis en remet une sacrée couche avec 10% sur 1,1 km. Vous prenez alors vite fait de l’altitude mais le spectacle est magnifique sur Culoz en contrebas et le Rhône dans un beau prolongement vers le Lac du Bourget.
S’ensuit un passage souvent chauffé à blanc par la roche les après-midi ensoleillés mais la pente reste supportable avec 1750 m à 7,5%.
La route va ensuite emprunter une série de lacets très serrés… mais il faut s’accrocher : 2,2 km à près de 11% de moyenne ! Les jambes commencent à devenir bien dures…
Puis le Grand Colombier vous offre un replat apaisant : 2,1 km sur une pente qui passera de 4,5% à 2%. Elle vous permettra de vous refaire une santé et de profiter de l’ombre bienveillante de la forêt qui recouvre à nouveau la route.
Après le croisement avec la route d’Anglefort, la pente se cabre à nouveau et il faudra fournir un bel effort avec un long passage de 2,2 km à 10%. Attention, c’est un peu irrégulier, votre clinomètre va parfois grimper brièvement plusieurs fois aux alentours des 12% !
À mi-parcours entre 2 lacets, la déclivité lâche du lest en passant à 7,5% sur les 1750 mètres suivants jusqu’au lieu-dit de la Sapette (dans un lacet avec une route en cul-de-sac mène au point de vue du Fenestré).
À la sortie du lacet de la Sapette, le Grand Colombier offre une nouvelle douceur avec un replat de 900 m à 4%. Il y ajoute même par la suite quelques mètres de légère descente sur 400 m !
Les difficultés réapparaissent mais elles sont ne sont pas trop importantes avec 150 m à 7,5% – ce passage fait un peu mal aux jambes car vous l’enchaînerez sans transition après la descente – puis avec 900 m à 7%.
Vous franchirez à cette occasion une barrière canadienne et les alpages feront leur apparition. Attention, ne profitant plus de l’abri offert par la forêt, il se peut que le vent vienne se mêler à votre effort dans la partie finale.
Vous découvrirez enfin la partie sommitale du col et profiterez de belles vues sur les sommets des Alpes dont le Mont Blanc. Le passage sera plaisant durant 1,5 km car la pente oscillera entre 5 et 5,5%.
Mais les 1100 derniers mètres vous rappelleront que le Col du Grand Colombier ne se laisse pas si facilement gravir : un bon 8% finira de vous achever avec un passage traître qui frise les 10% dans les derniers hectomètres !
Courage, vous atteindrez enfin le sommet de cette ascension hors-norme en franchissant le Col du Grand Colombier à 1501 m d’altitude.
ANGLEFORT
Distance : 15,3 km
Départ : Anglefort
D+ : 1218 m
% moyen : 8%
% maxi : 10% sur 650 m et 4930 m
Anglefort est la face la plus « courte » mais est tout aussi difficile avec ses 8% de moyenne et est à mon sens la plus dure avec un très (très) long passage de 7,2 km où la déclivité frise avec les… 10% de moyenne ! Elle est en partie commune avec celle de Culoz (voir carte). C’est aussi la moins plaisante car les 3/4 de l’ascension se déroulent en forêt et n’offre aucun point de vue avant la partie finale. Elle a l’avantage (pas forcément en pratique…) de proposer un final plus abordable que les faces Artemare/Champagne-en-Valromey.
Au départ de Anglefort, ne vous laissez pas griser par les 500 premiers mètres qui sont à 3,5%. Puis petite montée en température en passant à 8% sur les 350 mètres suivants.
Cela vous a permis de pouvoir vous échauffer avant d’aborder l’un des pires passages (avec celui d’Artemare) que le Grand Colombier peut vous offrir : 7,2 km où la déclivité frise avec les… 10% de moyenne ! À cette occasion, au Point Kilomètrique 6,5, votre ascension croisera celle de la route de Culoz. Attention après ce croisement, c’est un peu irrégulier, votre clinomètre va parfois grimper brièvement plusieurs fois aux alentours des 12% !
À mi-parcours entre 2 lacets, la déclivité lâche du lest en passant à 7,5% sur les 1750 mètres suivants jusqu’au lieu-dit de la Sapette (dans un lacet avec une route en cul-de-sac mène au point de vue du Fenestré).
À la sortie du lacet de la Sapette, le Grand Colombier offre une nouvelle douceur avec un replat de 900 m à 4%. Il y ajoute même par la suite quelques mètres de légère descente sur 400 m !
Les difficultés réapparaissent mais elles sont ne sont pas trop importantes avec 150 m à 7,5% – ce passage fait un peu mal aux jambes car vous l’enchaînerez sans transition après la descente – puis avec 900 m à 7%.
Vous franchirez à cette occasion une barrière canadienne et les alpages feront leur apparition. Attention, ne profitant plus de l’abri offert par la forêt, il se peut que le vent vienne se mêler à votre effort dans la partie finale.
Vous découvrirez enfin la partie sommitale du col et profiterez de belles vues sur les sommets des Alpes dont le Mont Blanc. Le passage sera plaisant durant 1,5 km car la pente oscillera entre 5 et 5,5%.
Mais les 1100 derniers mètres vous rappelleront que le Col du Grand Colombier ne se laisse pas si facilement gravir : un bon 8% finira de vous achever avec un passage traître qui frise les 10% dans les derniers hectomètres !
Courage, vous atteindrez enfin le sommet de cette ascension hors-norme en franchissant le Col du Grand Colombier à 1501 m d’altitude.
TALISSIEU « Directissime »
Distance : 13,8km
Départ : Talissieu
D+ : 1251 m
% moyen : 9%
% maxi : 15,5% sur 930 m
Cette variante est celle dont on n’ose pas trop parler tellement elle fait peur ! Initiée par quelques grands malades de la Confrérie des Fêlés du Grand Colombier, elle propose depuis Talissieu (voir carte) l’accès le plus direct au Col du Grand Colombier, en reprenant une partie de l’itinéraire de la face Artemare, et en taillant au plus droit dans la pente, ce qui nous donne un chiffre cauchemardesque : 9% de moyenne sur 13,8 km !!! Heureusement, elle ne compte pas pour le défi des Fêlés du Grand Colombier mais s’il y en a qui veule se faire plaisir…
Fort d’une belle expérience réalisée le 13 mai 2012 où je suis devenu Maître N°242 et 925e Fêlé, je vous invite à consulter le site de la Confrérie des Fêlés du Grand Colombier pour tout savoir sur le règlement et les conditions d’inscription à l’un des défis les plus difficiles de France.







Roman Bernard
Gravi en 2011 depuis Culoz, le « Bédoin » du Grand Colombier ! Une ascension m’avait suffi, alors quatre…
Le Colombier ne fait en effet pas partie des Alpes, mais son frère le Mont du Chat non plus, et si on pinaille, la Chartreuse voisine n’est pas non plus alpine !
Roman Bernard
2021*